Victor Knipping “Violente Beauté”

La Galerie Daniel Hanemian a le plaisir de vous inviter,à la toute première exposition personnelle de l’artiste Victor Knipping, “Violente Beauté”.  

L’exposition sera visible dès le 21 janvier et jusqu’au 06 février 2021 dans l’Espace Colombien au 91 rue Saint-Honoré, 75001 Paris.



Victor Knipping répète sans relâche le récit d’une violence nouvelle et indicible. Son œuvre, hantée par les agressions physiques et morales que subissent les minorités, est profondément socio- politique. L’artiste nous expose cet état de fait avec fermeté, nous rappelant qu’en la matière, l’engagement politique n’admet aucune concession.

Mais bien vite, une inquiétude nous gagne, plus grande encore. C’est que l’artiste observe la progression d’un monstre insaisissable, qui infiltre l’infiniment grand et l’infiniment petit, l’invisible, le refoulé, un danger proche de ce que François Cusset a récemment qualifié de Déchaînement du monde. Parcourir une exposition de Knipping, c’est se plonger dans l’espace-temps d’une violence sans nom, réduite à sa plus pure abstraction.

Par la tâche, la violence éclate, s’étend, se répand inéluctablement, envahit notre culture visuelle. Chaque toile est marquée de son sceau. Explosion brutale ou lente conquête de la surface picturale, elle fait fi des conventions, et, perversité ultime, atteint le domaine du beau. Certaines arabesques, certaines mouchetures sont fascinantes de délicatesses. Des coulures paillettées évoquent l’univers baroque des drag-queens, peut-être même nous font-elles sourire, avant que nous ne réalisions l’ampleur du drame.

Car Knipping, en artiste engagé, explore aussi et surtout les témoignages matériels de minorités silencieuses. Nombre de ses œuvres sont le résultat d’un jeu à quatre mains avec des inconnus, illustrateurs, artisans ou amateurs : en somme, ceux qui ne signent pas. En s’appropriant des éléments de la culture et des savoir-faire populaires, l’artiste investit avec une égale passion les ouvrages les plus raffinés. Toutes les modulations de la revendication s’incarnent dans ces objets d’art quotidiens. Tous témoignent d’une adresse technique, qu’elle soit le véhicule du bon ou du mauvais goût, qu’elle soit au service d’une cause sociale ou d’une culture de masse hétéronormée. Tous témoignent d’un ordre du monde qui peut être violé, inlassablement, avec acharnement.